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Point de vue de l'éducateur canin

Pascal Trehorel est éducateur canin à Caen.


Pascal tréhorel, quelle est votre expérience d’éducateur canin avec le Berger d’Anatolie ?
J’ai été confronté à trois représentant de la race. Il y a quatre ans, un premier chien, puis plus récemment Oubsa Gor madil des Shumagins et Riguel ourto des Shumagins ont fréquentés mon club d’éducation canine.

Que vous inspire ces trois expériences au sujet de la race ?
Pour moi, le Berger d’Anatolie est un chien « brute de caractère », un chien « basique » dans le jargon de l’éthologie canine, ce qui signifie qu’il a conservé un grand nombre de caractéristiques comportementales des chiens primitifs.
Ses principaux traits comportementaux sont un sens aigu du territoire, et une tendance à être dominant. Pour le comparer avec une autre grande race, c’est un chien bien plus territorial que le Dogue Allemand par exemple.
Du point de vue de l’éducateur, il faut être prudent avec eux, et plus qu’avec d’autres races éviter les sanctions injustifiées, car c’est un chien qui a un sens aigu de l’injustice, et qui ne l’accepte pas. Du point de vue du propriétaire, je dirais que c’est un chien à ne pas mettre entre toutes les mains, car son éducation nécessite à la fois de la fermeté et du tact.

Pouvez vous le comparer en termes de réceptivité à l’éducation canine, par rapport aux autres molossoïdes, ou encore plus précisément aux autres molossoïdes de montagne ?
D’une manière générale, c’est un chien qui m’apparaît très proche des molossoïdes de montagne (Charplanina, Montagne des Pyrénées).
Ces chiens sont très réceptifs pour les bases de l’éducation canine, impliquant les notions de hiérarchisation et le sens du territoire. Ce qui m’a frappé par rapport au Charplanina auquel j’avais déjà été confronté, c’est sa capacité à avoir des réactions très rapides. Le Charpla est un chien plus « lymphatique ».
Le Berger d’Anatolie est un chien tétu, mais qui accepte d’être bousculé et qui s’adapte.

Les chiens de protection de troupeaux, comme le Berger d’Anatolie, ont ils des particularités comportementales qui rendent leur éducation : plus difficile ou plus facile ?
Encore une fois, je pense que leur fort instinct de garde et leur sens du territoire très développé, rendent la tache du maître plus compliquée que pour d’autres races. Si on cherche à éduquer le chien sur son propre territoire, il se sentira en position de force et sera moins réceptif. Pour le déstabiliser et le rendre plus dépendant du maître, on doit le déplacer, le sortir de son environnement quotidien. Bien sur ce trait de comportement se renforce avec l’âge, et le chiot sera moins difficile à éduquer que l’adulte, qui a déjà pris ses habitudes. Pour les bons cotés du tempérament, c’est un chien qui reste malléable du point de vue de la hiérarchisation, pour peu que l’on se donne la peine de lui faire comprendre qu’on est le « patron ».

Comment expliquez vous le fait que les races de protection de troupeau, telle que le Berger d’Anatolie, puissent à la fois être très dominantes vis-à-vis des autres chiens, et en même temps protectrices et tolérantes vis –à-vis du troupeau ?
La raison semble assez évidente, les autres canidés émettent des stimuli (visuels, olfactifs, sonores, comportementaux) qui peuvent être interprétés comme une manifestation de danger ou d’agressivité par le chien de protection. A l’inverse, il est d’une part habitué au troupeau sur lequel il travaille, et d’autre part ne perçoit pas de signes d’agressivité de la part du troupeau.

Que doit on faire pour que l’éducation de son Berger d’Anatolie soit un succès ?
La première des choses est de bien le hiérarchiser, lui faire comprendre qu’il est le dominé dans « la meute », ou en tout cas qu’il n’est pas le dominant. La hiérarchisation ne passe pas nécessairement par une épreuve de force, dans laquelle le chien têtu et au caractère bien trempé l’emporterait facilement face au maître lassé de voir son chien refuser de se soumettre.
Il faut savoir utiliser le langage des canidés. Par exemple, dés son arrivée dans la famille, le chiot doit être soumis à un certains nombres de petits exercices anodins (pour nous) qui seront autant de messages lui indiquant qu’il est le petit dernier. Toujours lui faire attendre que toute la famille soit rentrée dans la maison, avant de le laisser rentrer ; ne lui donner à manger qu’une fois le repas des humains terminé, changer régulièrement son lieu de couchage, afin qu’il ne s’approprie pas une pièce de la maison comme étant son territoire exclusif…
Un autre aspect important pour que le chien soit équilibré, est de lui fournir un espace suffisamment important pour qu’il ait le sentiment de travailler en le surveillant. Ces chiens ont besoin de travailler pour s’épanouir.
Enfin, une éducation réussie passe par la répétition des exercices d’obéissance. Le rappel semble être acquis assez tardivement, ce qui n’est pas étonnant chez une race à développement lent. Un moyen sur de bien faire acquérir le rappel, est de conditionner les chiots, les imprégner, dés la 7ième semaine, en leur donnant à manger dans une pièce d’ou on les appelle. Le chiot associera rapidement l’obéissance à l’appel à la récompense suprême : le repas.

Le Berger d’Anatolie est il un chien facile à éduquer ?
En conclusion, une réponse de Normand : Ce n’est pas le chien le plus facile, mais pas non plus le plus difficile.



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