Elevage des Shumagins

locus Agouti (série A)

L'hypothèse de référence, basée sur les travaux de Little (1957), est que ce locus puisse contenir 4 allèles (différentes formes du gène). Une cinquième allèle est supposée exister chez le Berger des Shetlands. Le locus Agouti est connu chez un certain nombre d'autres mammifères.

Allèle As : produit un phénotype noir, sans aucunes traces de brun clair sur le chien. Les marques blanches, éventuellement présentes sont dues à l'expression d'un autre gène, et l'interaction avec d'autres gènes peut également aboutir à l'expression d'un phénotype foie ou chocolat (labrador) ou bleu dilué (Grand Danois). Si l'allèle As est présent, dans la plupart des cas le chien ne sera capable de produire que de l'Eumélanine.

Allèle ay :en l'absence de As se traduit chez le chien par une dominance de la phaeomélanine. Les phénotypes résultants sont compris dans la gamme de couleur allant du sable très clair au rouge (feu), en passant par les nuances de fauve. Des poils noirs dispersés peuvent être observés.
Les vibrisses sont noires si elles sont implantées dans une région où le poil est noir (p.ex : le masque)
Des exemples de chiens portant l'allèle ay sont : les Colleys, les Boxers fauves, certains Dogues Allemands et le Basenji (le « rouge » du Basenji est considéré résulter de l'allèle ay.
ay est récessif vis à vis de As, mais incomplètement dominant (co dominant) vis à vis de at (voir ci dessous).

Un phénotype ayat est en moyenne plus sombre (plus de poils noirs) qu'un phénotype ayay.

Allèle at, chez un homozygote pour cet allèle se traduit par un phénotype ou le noir domine, accompagné de marques brunes ou feu sur le museau, autour des yeux, sur la poitrine, et sous la queue. Le Doberman et le Rottweiler sont deux exemples de ce phénotype. Le Bouvier Bernois présente également ce phénotype, accompagné de marques blanches, résultant de l'expression d'un autre gène (voir plus loin).

Allèle aw : il est le quatrième allèle décrit par Little. C'est l'allèle qui s'exprime sous la forme du « gris loup », phénotype rencontré par exemple chez l'Elkhound Norvégien, et probablement chez certaines races poivre et sel. Ce phénotype diffère du sable en deux points. Premièrement, les couleurs dérivées du brun clair (fauve, rouge) sont remplacées par des nuances allant du crème pale au gris clair. Deuxièmement les poils sont ornés de bandes de couleurs. Il ne s'agit pas dans ce cas la d'une pigmentation distincte de l'extrémité du poil, mais de l'apparition d'une alternance de bandes claires et noires le long du poil. Little ne précise pas le type de relation (dominance, codominance) de cet allèle avec les autres de cette série, ni n'affirme que les bandes pigmentées sur le poil résultent exclusivement de l'expression de cet allèle.

Enfin, au moins deux races (le Berger des Shetlands et le Berger Allemand) possèdent un phénotype noir strictement récessif. Ce noir récessif du locus A étant connu chez d'autres mammifères, on suppose qu'il est du à l'expression d'un allèle a (aa) de la série A.

Les affirmations de Little concernant la dominance de l'allèle As (dominance du noir vis a vis des autres phénotypes) dans la série du locus A sont en contradiction avec les observations chez d'autres espèces que le chien, ou généralement les teintes sables sont dominantes vis à vis des teintes sombres. Il est donc possible qu'un autre locus contrôle l'expression du phénotype noir dominant chez le chien. Sous cette hypothèse, l'allèle Ay doit être considéré comme le plus dominant dans la série du locus Agouti.

locus Brun (série B)

Le fonctionnement de cette série d'allèles est relativement simple .
Homozygotes et hétérozygotes pour l'allèle B (dominante) produisent un pigment noir. Un chien homozygote pour l'allèle récessive b produit un pigment brun. Ce gène code pour une protéine qui intervient dans la structure du granule d'Eumélanine au sein du poil. Les granules produits par un individu bb (récessif) sont plus petits et on une formes plus sphérique que ceux produits par un génotype contenant l'allèle B. De par cette différence de structure, les granules d'eumélanine apparaissent plus clairs (bruns) que ceux produits par un individu Bb ou BB. Ce gène est responsable de la couleur des robes « foie » et « chocolat ». Il peut également produire des phénotypes « rouges » chez l'Australian Shepperd, le Doberman, et le Border Collie par exemple. I1 est également considéré comme responsable de la couleur « bronze » de certains Terre Neuve.

locus C (série albinos) Il s'agit d'un locus particulièrement complexe, spécialement chez les autres mammifères.

Allèle C : cette allèle dominante de la série permet un développement normal de la couleur de la robe, résultant de l'expression des autres gènes (p.ex : les locus B ou A précédemment présentés). Il s'agit probablement du gène codant pour la synthèse d'une enzyme appelée la Tyrosinase, impliquée dans la synthèse de l'Eumélanine. La plupart des chiens sont CC.

Allèle c : cet.allèle récessif de la série, n'est pas connu chez le chien, mais chez les autres mammifères empêche toute synthèse d'Eumélanine dans la robe ou l'iris de l'oeil; produisant le phénotype « albinos » aux yeux rouges ou roses. Entre ces deux allèles extrêmes, différentes formes d'allèles permettent la synthèse de tyrosinase partiellement active. Parmi celles ci certaines sont identifiées chez le chien.

Allèle ce : Cet allèle produit une dilution extrême des pigments synthétisés par les autres gènes. I1 est supposé faire partie du génotype des races de chiens « blancs », pour lesquelles la couleur blanche résulte en fait de la dilution extrême des tons fauves et sables. Le West Highland White Terrier est ainsi supposé avoir le génotype : cece ee .

locus D (série de la dilution)

Cette série est relativement simple, contenant l'allèle D (dominant, pigmentation normale) et l'allèle d (récessif, pigmentation diluée).A l'opposé de C qui exerce ses effets sur la phaeomélanine ou de B qui affecte seulement la synthèse d'eumélanine, D impacte la synthèse des deux pigments.

Un chien foie (bb) , s'il possède également les deux allèles récessives dd au locus D, aura un phénotype argenté (par ex. : Braque de Weimar).Les interactions du locus D avec le locus A sont plus rares.

• locus E (série de l'extension)

Allèle Em :facteur masque: ce gène induit le remplacement de la phaeomélanine par l'Eumélanine sur des régions délimitées du chien. On observe une variation considérable des zones affectées, probablement sous l'effet conjugué de gènes modificateurs, mais peut être également sous influence d'autres allèles de la série.

Sous sa forme d'expression la plus faible, le facteur masque peut s'exprimer sous la forme de franges de poils noirs entourant la gueule. Sous sa forme d'expression la plus intense (Tervueren, Berger d'Anatolie), toute la région crânienne peut être noire, accompagnée d'un charbonnage intense de la poitrine et des pattes. Les effets les plus marqués de Em s'expriment chez les chiens sables clair (ay ay : voir précédemment).

Allèle Ebr : robe bringée. La robe bringée consiste en des bandes noires verticales s'exprimant sur un fond sable ou fauve. Les gènes affectant la synthèse de l'Eumélanine impactent la couleur des bandes noires. Un chien bringé, et possédant les allèles bb au locus B aura des stries brunes.

Little considère que les allèles Em et Ebr sont co dominants.

Allèle E : extension normale de la couleur noire. Cet allèle permet l'expression normale des allèles de la série A, sans aucun masque ou robe bringée. E est apparemment récessif vis à vis de Em et Ebr.

Allèle e : rouge récessif. Cet allèle inhibe l'expression de tout allèle présent au locus A, aboutissant à l'expression de la seule phaeomelanine dans la robe. La couleur de la peau et de l'oeil ne sont pas affectés. Chez un certain nombre de races, le rouge récessif est commun ou même caractéristique : Setter Irlandais, Golden Retrievier .

locus G (série du gris)

Bien que Little n'ait reconnu que deux allèles pour ce locus : G dominant, g récessif; il est possible que d'autre loci soient impliqués dans le contrôle de ce caractère phénotypique. Les homozygotes et hétérozygotes pour G se caractérisent par le remplacement de poils colorés par des poils incolores (blancs) au cours de leur vieillissement. Ce processus de décoloration est analogue au grisonnement ou blanchiment prématuré des cheveux chez l'homme. L'allèle G peut donc être suspecté chez toutes les races dont les chiots initialement sombres, s'éclaircissent au cours de leur croissance. Cet éclaircissement est du à l'apparition de poils blancs dispersés. L'allèle G est ainsi supposé présent chez le bobtail et diverses races de terriers. L'éclaircissement de la robe peut débuter immédiatement après la naissance ou dans un délai de quelques semaines à quelques mois. Il peut se poursuivre jusqu'à obtention de la première robe adulte, ou tout au long de la vie du chien. Ce locus est encore relativement peut connu et nécessite des investigations plus poussées.

locus M (série du Merle)

I1 s'agit encore une fois d'un gène de dilution, mais qui n'affecte pas l'ensemble de la robe. L'allèle M provoque une illusion dans des zones localisées de la robe. Une robe noire devient par exemple noire avec des zones grises. Les yeux d'un chien Merle sont parfois bleus ou Merle (alternance de zones brunes et bleues dans un même oeil).

• locus R (série du rouan)

Le fonctionnement de ce locus n'est pas entièrement compris. Little suggère que ce coloris pourrait simplement résulter de l'apparition de poils sombres dans une zone initialement blanche de la robe. Un mécanisme inverse pourrait consister en l'apparition progressive de poils blancs dans une robe initialement sombre. Malgré cette incertitude, l'allèle rouan: R semble être dominant (dominance incomplète ou co dominance) vis à vis de l'allèle nonrouan : r.

•locus S (série des marques ou zones blanches)

Le fonctionnement de ce locus n'est pas complètement compris. Il existe apparemment des allèles définissant une robe unie, des marques blanches régulières, ainsi qu'une robe blanche incluant des marques colorées. Cependant la variabilité observée au sein de chacun de ces phénotypes rend difficile une défmition exacte du nombre d'allèles impliqués dans le fonctionnement de ce gène. D'une manière générale, la dominance est incomplète (codominance) : les robes plus colorées étant dominantes sur les robes moins colorées (à dominante blanche).

Allèle S : robe unie. C'est l'allèle caractéristique des races possédant des robes unies, sans marques blanches. De manière exceptionnelle, un génotype SS peut cependant exprimer des marques blanches mineures : phalange(s) blanche(s), étoile ou raie blanche sur la poitrine, extrémité de la queue blanche.

Allèle si : mouchetage " Irlandais ". Ce type de taches blanches est confiné à la poitrine, au museau, la partie ventrale, les pattes et l'extrémité de la queue. Elles sont absentes de la face dorsale entre le garrot et la queue. Ce type de robe caractérise le Colley.
Allèle sp : pie. C'est un allèle difficile à identifier. Des races telles que les cockers multicolores en sont une illustration. Le motif pie se caractérise par le fait que la couleur blanche s'étend sur plus de 50% de la surface de la robe. Les marques blanches pouvant s'étendre sur la partie dorsale du chien. L'impression générale est celle d'observer de larges marques colorées sur fond blanc.

Allèle sw : blanc extrême. Cet allèle s'exprime sous la des formes phénotypiques allant des chiens colorés avec marques blanches importantes sur la tête (colleys, Berger des Shetlands), en passant par les chiens blancs possédant des marques colorées dans les zones oculaires ou des oreilles (Sealyham, Bull terrier, Montagne des Pyrrénéés), jusqu'aux races d'un blanc pur (Dalmatien idéal).

Les allèles codant pour les taches sont considérés sensibles à l'action de gènes modificateurs. Les modificateurs positifs (+) augmentant la quantité de pigment (diminution du blanc), et les modificateurs négatifs ( ) codant pour l'inverse. Le gène Merle est ainsi considéré comme un modificateur négatif, au delà de son effet sur la couleur de la robe précédemment décrit.

• locus T (série des mouchetures colorées)

Certains chiens développent de petites taches colorées dans les zones blanches issues de l'expression des allèles de la série S. L'exemple le plus connu est celui du Dalmatien, chez lequel un gène modificateur additionnel élargit et arrondit les mouchetures. La couleur des mouchetures semble être systématiquement celle qu'aurait eu la robe originelle à l'emplacement ou se développent les marques blanches.

L'allèle T (mouchetures) est dominant vis à vis de l'allèle t (absence de mouchetures). Les mouchetures sont également affectées par des gènes modificateurs qui altèrent la taille, l'intensité et la forme des marques colorées.

Sophie Licari


Références bibliographiques

Little, Clarence C., première publication 1957: The Inheritance of Coat Color in Dogs. Howell 1971, 194 pages.


 
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Hérédité des couleurs de la robe


Les chiens possèdent une grande variété de gènes impliqués dans la transmission, et l'expression de la couleur de la robe. De plus ces mêmes gènes peuvent s'exprimer différemment en fonction de la longueur du poil.
Avant d'aborder notre catalogue de gènes, il est important de comprendre que les mammifères et donc le chien, possèdent deux formes de pigments définissant la (les) couleur(s) de leur robe

L'Eumélanine, apparaissant globalement dans des teintes sombres (par ex. : le noir) dont les variantes sont dues à des variations de structure de la protéine constituant le squelette du granule pigmentaire. La forme de base de l'eumélanine est noire, mais des formes peuvent apparaître brunes (foie, chocolat, bronze) ou bleu gris.

La phaeomélanine qui permet l'expression de couleurs variant du crème pale, en passant par les nuances de sable, jaune, fauve, jusqu'au roux du Setter Irlandais.

D'après les travaux de Little(1957), on considère qu'entre deux et quatre gènes distincts conditionnent la localisation sur le chien et le long de chaque poil, ainsi que la teinte d'expression, de la phaeomélanine et de l'eumélanine.

Les gènes (loci) de la couleur communément admis sont appelés

• locus Agouti (série A), locus brun (série B), locus C (série de l'albinisme), locus D (dilution bleue), locus E (extension), locus G (grisonnement), locus M (merle), locus R (rouan), locus S (zones blanches), locus T (taches de couleur, mouchetures). Il est possible que des gènes non décrits par ce modèle existent, et également que pour une race considérée des facteurs modifiant affectent de manière drastique l'expression d'un de ces gène.

A'palah, étalon importé de Turquie